« Resteront » ou « Resterons » : explication simple et astuce

Introduction

À première vue, “resteront” et “resterons” de façon générale, à l’oral, sonnent presque pareil. Pas étonnant que l’on hésite au moment d’écrire. Vous savez quoi? Tout se joue sur un point très simple que l’on oublie parfois: qui est le sujet de la phrase. C’est-à-dire, de qui parle-t-on exactement: “nous” ou “ils/elles” (ou tout groupe équivalent) ? La bonne nouvelle, c’est qu’avec deux ou trois réflexes, l’erreur disparaît au plus tôt.

Choisir “resteront” ou “resterons” sans se tromper

1) Repérer le sujet réel avant tout

Ce qu’on croit: On choisit “resteront” ou “resterons” selon ce qui “sonne bien” à l’oreille.

Ce qui se passe vraiment: L’orthographe du futur dépend uniquement du sujet. “Nous” prend la terminaison du futur en -ons: “nous resterons”. “Ils/elles” (ou un sujet équivalent au pluriel) prennent -ont: “ils/elles resteront”. En d’autres termes, l’oreille ne vous aidera pas, car les deux se prononcent presque pareil.

Ce qu’il faut faire: Identifiez le sujet avant de choisir.

  • Par exemple: “Nous resterons jusqu’à la fin.” / “Ils resteront jusqu’à la fin.”
  • Astuce rapide: remplacez le verbe au présent pour vérifier: “nous restons” → futur “nous resterons”; “ils restent” → futur “ils resteront”.
  • Autre test utile: remplacez “rester” par “être” au futur: “nous serons” → “nous resterons”; “ils seront” → “ils resteront”.

2) Noms collectifs et groupes: ne vous laissez pas piéger

Ce qu’on croit: Avec “les gens”, “la plupart”, “une foule”, on peut écrire “resterons” parce que “nous en faisons partie”.

Ce qui se passe vraiment: Le verbe s’accorde avec le sujet grammatical, pas avec le sens affectif. “Les gens”, “la plupart (d’entre eux)”, “beaucoup de”, “plusieurs” désignent une troisième personne du pluriel: on écrit “resteront”. À l’inverse, un collectif singulier comme “le groupe”, “la foule”, “une partie” peut appeler le singulier: “restera”.

Ce qu’il faut faire: Regardez la forme du sujet, pas l’idée.

  • Par exemple: “Les gens resteront.”, “La plupart resteront.”, mais “Le groupe restera.”
  • Attention aux compléments: “La plupart d’entre nous resteront.” Le sujet reste “la plupart”, pas “nous”.
  • Sous un autre angle: si vous pouvez remplacer le sujet par “ils”, écrivez “resteront”; si vous pouvez le remplacer par “nous”, écrivez “resterons”.

3) Tournures avec “qui”: accord avec l’antécédent

Ce qu’on croit: Après “qui”, on met “resteront” par défaut, parce que “qui” semble pluriel.

Ce qui se passe vraiment: “Qui” reprend un antécédent. Le verbe s’accorde avec cet antécédent. Si l’antécédent équivaut à “nous”, c’est “resterons”. S’il équivaut à “ils/elles”, c’est “resteront”.

Ce qu’il faut faire: Cherchez l’antécédent de “qui”, puis choisissez la terminaison.

  • Par exemple: “C’est nous qui resterons.”, “Ce sont eux qui resteront.”
  • “Ceux qui resteront auront des places assises.” → “ceux” = “ils” → “resteront”.
  • “Nous, qui resterons tard, prévoyons un sandwich.” → “nous” → “resterons”.

4) Sujets coordonnés et “moi/toi”: l’addition change tout

Ce qu’on croit: Avec “Paul et moi”, on hésite, alors on met “resteront” pour “faire pluriel”.

Ce qui se passe vraiment: “Paul et moi” = “nous” → futur en -ons. “Paul et ses amis” = “ils” → futur en -ont. De fil à aiguille, dès qu’on ajoute “moi” au sujet, on se retrouve à la première personne du pluriel.

Ce qu’il faut faire: Remplacez mentalement par le pronom correct.

  • Par exemple: “Paul et moi resterons.” (nous), “Paul et ses amis resteront.” (ils)
  • “Toi et moi resterons.”, “Toi et eux resteront.” → le premier est “nous”, le second “ils”.
  • Cas négatifs: “Ni toi ni moi ne resterons.” (toujours “nous”).
  • Astuce: si le groupe inclut “je/moi”, c’est presque toujours “nous resterons”.

5) Questions, négations et subordonnées: la terminaison ne bouge pas

Ce qu’on croit: En question, en négation ou avec des mots intercalés, on peut changer la terminaison.

Ce qui se passe vraiment: La syntaxe n’affecte pas la personne du verbe. Inversion, “ne… pas”, adverbes, propositions subordonnées: rien ne change l’accord. Ce qui compte, encore et toujours, c’est le sujet.

Ce qu’il faut faire: Ignorez les éléments parasites et isolez le sujet.

  • Par exemple: “Resterons-nous jusqu’à minuit ?” (nous), “Resteront-ils jusqu’à minuit ?” (ils)
  • Négation: “Nous ne resterons pas longtemps.” / “Ils ne resteront pas longtemps.”
  • Subordonnées: “Je pense que nous resterons.” / “Je pense qu’ils resteront.”
  • Coordination: “Quand ils arriveront, nous resterons.” → deux futurs, deux sujets distincts.

6) Astuces express pour décider au bon endroit

Ce qu’on croit: La terminaison -ont signifie qu’on a affaire au verbe “avoir”, donc il faut l’éviter.

Ce qui se passe vraiment: En fin de futur simple, -ont est une terminaison normale à la 3e personne du pluriel, sans rapport avec le verbe “avoir” dans la phrase. Et, de toute évidence, à l’oral, “resterons” et “resteront” se prononcent quasi pareil: la graphie seule tranche.

Ce qu’il faut faire: Appliquez une des astuces suivantes, selon la phrase.

  • Test du présent: mettez la phrase au présent pour repérer “nous restons” vs “ils restent”, puis revenez au futur.
  • Test du pronom: remplacez le sujet par “nous” ou “ils”. Si la phrase reste correcte avec “nous”, écrivez “resterons”; si elle reste correcte avec “ils”, écrivez “resteront”.
  • Substitution d’un verbe repère: essayez “être” au futur (“nous serons/ils seront”) ou “aller” (“nous irons/ils iront”) pour caler la terminaison.
  • Règle visuelle: -ons = nous; -ont = ils/elles. Collez ce repère près de votre clavier; au fil du temps, il devient réflexe.
  • Dans l’immédiat, si vous doutez encore: réécrivez la phrase pour afficher clairement “nous” ou “ils”.

Liste récapitulative

Idée reçue (Ce qu’on croit)Conseil utile (Ce qu’il faut faire)
On choisit “resteront” ou “resterons” à l’oreille.Repérez le sujet: “nous” → “resterons”; “ils/elles” ou groupe équivalent → “resteront”.
Avec “les gens”, “la plupart”, on peut écrire “resterons”.Accordez avec le sujet grammatical: “Les gens resteront.”, “La plupart resteront.”
Après “qui”, on met “resteront” par défaut.Accordez avec l’antécédent de “qui”: “C’est nous qui resterons.” / “Ce sont eux qui resteront.”
“Paul et moi” demandent “resteront” parce que c’est pluriel.“Paul et moi” = “nous” → “resterons”. “Paul et ses amis” = “ils” → “resteront”.
La négation ou l’inversion modifie la terminaison.La structure ne change rien: “Resterons-nous ?” (nous) / “Resteront-ils ?” (ils).
-ont en fin de verbe = verbe “avoir”, donc à éviter.-ont est la terminaison normale du futur à la 3e personne du pluriel.
“La plupart d’entre nous” autorise “resterons”.Le sujet est “la plupart” → 3e personne pluriel: “La plupart d’entre nous resteront.”
On peut se fier à la prononciation.Les deux se prononcent presque pareil: décidez à l’écrit avec le sujet comme repère.

Conclusion

Pour faire court, tout part du sujet. D’une part, “nous” conduit mécaniquement à “resterons”; d’autre part, “ils/elles” ou tout groupe équivalent conduit à “resteront”. À vrai dire, le reste n’est qu’une question d’habillage: relatives avec “qui”, sujets coordonnés, négations, questions… quoi qu’il en soit, la terminaison suit le sujet, point final. Par conséquent, si vous appliquez les tests simples — présent, pronom, verbe repère — vous écrirez juste, au plus tôt comme à long terme. En fin de compte, appliquer ces points simples permet d’éviter bien des erreurs.

Related Post